Vous êtes ici: >
 
     
  Conception
  Gouvernance locale
  Organisation paysanne
  Santé communautaire
  Alphabétisation des adultes
  Communication rurale
  Aménagement des périmètres irrigués
  Stratégie d'appui au developpement agricole
  Développement de l'agriculture
  Développement de l'élevage
  Gestion des ressources naturelles
  Sécurisation foncière
  Micro finances
  Infrastructures sociales
  Aménagement des routes et pistes rurales
  Désengagment et pérenisation des acquis
  Résultats et impacts
  Mise en oeuvre, suivi et évaluation et clôture
 
Liste des contacts et coordonnées
Photos et affiches
Cartes
Sigles et abréviations

couverture sanitaire des animaux

1. Santé animale. Lors de sa première phase, le PHBM a pu mettre en place 23 couloirs de vaccination et parcs de contention (CV) en matériel durable, dans les 4 communes de sa zone d'action. Ceux-ci viennent compléter ou substituer une partie des 78 couloirs traditionnels existants qui devaient être reconstruits chaque année avant chaque campagne de vaccination.

Tableau 1 : Réalisations du PHBM-I en élevage bovin

Communes
CV (traditionnel) Avant projet
CV durable & AEl avec projet
Total membres d'AEl
Femmes membres d'Ael
Femmes membres du bureau directeur

Tsivory

13

4

 

3

0

Marotsiraka

17

7

 

0

0

Mahaly

19

6

 

19

1

Elonty

10

6

 

3

0

Total

59

23

1797

25

1

2. Les éleveurs ne devant plus construire chaque année de nouveaux CV en bois, cette activité a indirectement contribué à la réduction de la déforestation et donc à la sauvegarde de l'environnement. De plus, en promouvant la plantation de sisal en guise de haies vives pour la délimitation des parcs de contention, le projet a démontré ses soucis de pérennisation des infrastructures construites, tout en allégeant le travail de substitution/d'entretien des associations (substitution des poteaux) surtout pour celles ne disposant pas de ressources forestières suffisantes et à proximité.

3. En multipliant le nombre de CV et en augmentant la capacité d’accueil des parcs de contention, le projet a permis à un plus grand nombre d'éleveurs de vacciner toujours plus d'animaux, sans devoir parcourir de longues distances au risque d'épuiser les troupeaux ou de se le faire voler en route par les Malaso. L'existence d'infrastructures appropriées et durables, accompagnée d'un renforcement de l'encadrement technique (appui au poste vétérinaire de Tsivory et formation de 2 vaccinateurs villageois par association), fait que plusieurs campagnes de vaccination peuvent à présent être menées régulièrement pour mieux répondre à la demande (la campagne annuelle plus une ou deux campagnes de rattrapage pour les retardataires).

4. Certains petits paysans particulièrement vulnérables ne possèdent pas de zébus mais uniquement des chèvres, moutons, porcs ou volailles. Ils n'ont donc pu bénéficier que de manière limitée ou quasi nulle des appuis du projet en matière de santé animale. Lors de la première phase du PHBM, la priorité a en effet été donnée aux bovins (seul un nombre réduit d'ovins et de caprins a également été vacciné, soit 7 488 sur 3 ans) alors que le petit bétail est également très important dans la région et est tout aussi sujet aux maladies parasitaires.

5. Une association de femmes de Tsivory a entrepris une activité avicole , avec l’introduction de poules pondeuses. Les coûts financiers, le temps et les efforts nécessaires pour préparer l'alimentation des poules de race croisée exotique, particulièrement délicates, se sont avérés considérables. Même si la meilleure qualité et taille des œufs est manifeste par rapport aux œufs produits par les poules locales, la rentabilité de cette activité n'était pas démontrée en fin de PHBM I.

6. Par ailleurs, une détermination a essayer des nouveaux type d’élevage a été concrétisée par certains éleveurs dans le cadre de la diversification des activités et ce, avec des résultats prometteurs (élevage sporadique de poules pondeuses, de porcs, de dindes et de palmipèdes tels que canards de barbarie …). Bon nombre d’éleveurs ont émis leurs désirs d’acquérir des animaux d’élevages à cycle court, de races améliorées, plus rentables et faciles à entretenir, notamment les porcs et les volailles, voire les petits ruminants.

Santé animale

Résultats, impacts et enseignements

7. Le PHBM assume la fonction de poste vétérinaire étatique. Un effort important a été consacré de ce fait à la vaccination avec 249 000 bovins, 4 700 volailles vaccinés à date de revue et 56 600 animaux déparasités, toutes actions considérées comme des actions d'accompagnement. Le PHBM a appuyé la construction de 37 couloirs de vaccination contre 25 inscrits au RPE. Le couloir, métallique, fourni par le PHBM, est associé à un parc de contention en bois, fourni par les bénéficiaires. Le cheptel concerné par ces infrastructures représente 60 550 bovins. Combinée avec la formation de vaccinateurs villageois et une meilleure offre en vaccins, mais aussi avec l'approvisionnement direct de vaccins issus de la pharmacie vétérinaire centrale, effectué par le chef de poste élevage de Tsivory, mandaté par l’ancien ministère de l’Elevage pour l'effectuer à titre individuel, faute de couverture de vétérinaire mandataire pour les zones Centre et Ouest du Projet, le taux de mortalité du au charbon aurait fortement diminué dans les zones appuyées. Le suivi de la cellule Elevage atteste que la mortalité constatée puis déclarée due au charbon symptomatique a évolué comme suit : 49 cas en 1996 (année 1 du PHBM I) ; 72 cas en 1997 ; 29 cas en 1999, puis dans le cours du PHBM-II : 2 cas en 2001 ; 3 cas en 2002 et absence de cas en 2003 et 2004.

8. Deux bains détiqueurs ont également été construits, sur un objectif de 10. Face aux difficultés d'alimentation en eau (18 m3 sont nécessaires) et au coût important des insecticides, ils ne sont pas utilisés, même à Tsivory où la concentration de bétail est plus importante. Cette solution a donc été remplacée par la fourniture de pulvérisateurs. Des bacs détiqueurs métalliques sont également proposés aux groupements qui pratiquent l'élevage des petits ruminants. Leur usage reste encore limité par le manque d'eau de remplissage et la disponibilité de produits anti-gale, malgré leur efficacité et le fait qu'ils soient transportables près des points d'eau. Cet outil est distribué (à raison de 11 jusqu'à présent) aux MP "petits ruminants". Selon le PHBM, ces bacs couvriraient les besoins de 14 000 petits ruminants, ce qui parait une estimation excessive dans la mesure où leur utilisation semble restreinte, quand la disponibilité et le moyen de transport sont suffisants, à un rayon assez limité.

9. Les associations d'éleveurs (AEL) ont installé 5 points de vente de produits vétérinaires à date de revue, en tant que mini-projets favorisant la disponibilité de produits. Ces installations sont appréciées mais leur développement est freiné par le refus des éleveurs de préfinancer le premier stock de produits et, ensuite, d'acheter ces mêmes produits déjà payés. Le manuel du FIL ne permet pas le financement par le Projet d'une première dotation en produits. Cet argument reste justifié par le fait que : i) les éleveurs, grâce à leur troupeau, disposent d'une capacité importante de préfinancement, qu'ils ne veulent pas utiliser ; et que ii) si l'amélioration du troupeau ne se traduit pas par des recettes commerciales, le renouvellement du fonds ne pourrait être assuré. Il reste donc à convaincre les éleveurs de transférer une partie de leur épargne "bétail" en stock de produits ou, sinon, d'emprunter pour ce faire.

10. Enfin, le PHBM-II a permis la création de fonctions de vaccinateurs villageois, dans les AEL disposant de couloirs de vaccination, et de vaccinatrices villageoises, en relation avec le MP d'aviculture (5). Ces spécialistes villageois sont en mesure d'assurer les vaccinations nécessaires au sein de leur groupement/association en s'approvisionnant, actuellement par l'intermédiaire du projet et, à terme, par les points de vente ou chez les vétérinaires privés de Tolagnaro et des autres districts.

Contraintes, potentiels et perspectives

11. La période sous revue a été marquée par un effort important sur la couverture sanitaire est dicté par la politique nationale dans ce domaine et facilité par l'intégration du poste sanitaire de Tsivory au projet. Rapporté à l'effectif bovin total, une tête de bétail a été vaccinée au moins deux fois depuis le démarrage du projet. La demande pour la vaccination est forte et soutenue et l'on doit maintenant se demander s'il n'est pas opportun d'anticiper le désengagement du projet de cette activité, soit par autonomisation du poste vétérinaire de Tsivory avec appui résiduel dégressif du projet, soit en favorisant l'installation d'un vétérinaire mandataire privé. Ceci permettrait de mieux orienter le PHBM-II sur la production animale, qui n'a pas bénéficié des mêmes efforts à la fois en termes de recherche-développement et d'investissement.

12. Le PHBM-II, en absorbant le poste vétérinaire de Tsivory et son personnel, fait fonction lui-même de poste vétérinaire, le seul encore géré dans la région par un fonctionnaire, cette fonction étant assurée dans les deux autres districts par des vétérinaires privés mandataires couvrant de façon exclusive leur district de rattachement. Le responsable actuel du poste vétérinaire, cumulant également la fonction de chef de la circonscription de développement rural d’Amboasary Sud, l'on ne peut prévoir comment se présentera la fonction "santé animale" à la clôture du PHBM-II. Il est vraisemblable qu'elle évoluera également vers une fonction de vétérinaire mandataire privé, conformément à la politique nationale en ce domaine. Le mandat sanitaire donné à un fonctionnaire concerne encore 7 communes sur 16 du district d’Amboasary Sud, dont quelques communes hors HBM, ainsi que la totalité du district de Betroka. L’évolution vers un mandat privé est actuellement accélérée avec la suppression probable en 2006 des postes d’élevage par la Direction de la santé animale et phytosanitaire du MAEP. La couverture sanitaire sera assurée par des mandataires privés qui peuvent être non seulement, comme auparavant, des vétérinaires mais également des auxiliaires d’élevage (technicien supérieur, adjoint technique ou réalisateur adjoint d’élevage). Les actuels fonctionnaires des postes d’élevage sont encouragés par sa direction à soumissionner pour ce mandat à titre privé (par retraite anticipée). Ceux qui souhaiteraient rester fonctionnaires intégreraient alors la DRDR ou les CIRDR.

13. Les déclarations des éleveurs et des professionnels laissent penser que les effectifs bovins se sont accrus significativement, à la fois par la réduction de la mortalité mais aussi par l'investissement des bénéfices des MP dans les troupeaux. Il semble par contre que cette augmentation du cheptel ne se traduise pas par une augmentation significative des ventes, ni par un transfert de l'épargne bovine sur pieds en une épargne fiduciaire auprès des caisses Fivoy. On peut d'ailleurs noter que, compte tenu de la situation inflationniste, d'une part, et du taux de rémunération des dépôts à vue, d'autre part, l'épargne bovine pouvait être considérée comme un choix financièrement judicieux, a fortiori maintenant qu'elle bénéficie d'une couverture sanitaire améliorée. On peut également considérer le contraire compte tenu des risques de vols de bétail et des risques climatiques propres au Sud.

14. La demande en couloirs de vaccination reste soutenue. La cellule Elevage formule une hypothèse de six couloirs supplémentaires en 2006-2008 en extrapolant les demandes non satisfaites à ce jour. Maintenant classées en MP, le PHBM-II satisfera les demandes nouvelles de façon à poursuivre l'autonomisation des AEL vis-à-vis de la vaccination. Par contre, il convient d'abandonner l'objectif résiduel en bains détiqueurs, soit 8 et d'en reverser le budget à d'autres fins.

15. Les points de vente de produits vétérinaires sont encore peu développés en nombre et les approvisionnements sont encore gérés à titre individuel par le chef de poste élevage de Tsivory, mandaté par l’ancien Ministère de l’Elevage pour ce faire. Cette fonction nouvelle et appréciée est encore fragile, d'autant plus que les associations d'éleveurs qui ont demandé ces points de vente n'acceptent pas de préfinancer les stocks. S'il reste logique de ne pas subventionner les produits pour bovins, la situation pourrait être en partie débloquée en fournissant une dotation initiale limitée qui ne viserait que les espèces :

i) les plus facilement monétarisées

ii) les plus en relation avec le groupe cible

iii) ne demandant pas de stockage froid et

iv) en relation avec des mini-projets productifs porteurs, c'est-à-dire les produits pour petits ruminants.

Le PHBM devra également prendre les mesures nécessaires, avec l'appui méthodologique du projet, pour que les AEL responsables des points de vente

i) se réapprovisionnent elles-mêmes en produits

ii) sachent saisir les opportunités en cas de mise à disposition de produits gratuits et que

iii) ces AEL prennent les dispositions nécessaires pour que les vendeurs disposent bien de la formation leur permettant de conseiller leurs clients. Le devenir de ces points de vente face à la privatisation à terme de la fonction vétérinaire de la zone demandera également un suivi particulier.

PAGE EN COURS DE REDACTION
© 2007. PHBM II accueil l Contact l rechercher l